La magie d’une rencontre

Un effleurement de lèvres, une lueur alliciante dans les yeux, des battements de cœur rythmant un silence éloquent.

Un sentiment de plénitude, un tourbillon de volupté, une alchimie empreinte de magie, la sensation de se fondre corps et âme en une personne partageant un seul et unique moment sans précédent.  

Combien ont eu la révélation de vivre l’instant car désormais le passé, le futur ne semble pas avoir de place dans ce présent ?  Que durant ce moment rien de semblable n’avait existé auparavant, que durant ce moment le temps s’était immobilisé préférant assister à deux patentes énergies ; le fruit d’une palpable synergie, un échange de regards langoureux pouvant faire chavirer les cœurs les plus insensibles, un laps de temps où le temps ne semble pas vouloir s’écouler dans le secret espoir de prolonger cette précieuse rencontre où le monde autour ne semble plus exister.

Il était une fois l’Humain Augmenté…

 Je taisais cette appétence à l’expression et étouffais toute forme d’expression liée à cette appétence. Je me confinais dans les bras de cette apathie, cette torpeur aveuglante que je croyais rassurante. Un gout d’amertume sur les lèvres, un brin d’ataraxie dans le regard, me voilà prête à me fondre aux autres sur une toile peinte par une main dont les veines s’emplissent des préceptes et des dictats de la norme au nom du saint conformisme. Se fondre et feindre l’appartenance, toutefois l’esprit obnubilé par une dangereuse fente à laquelle on envoie des regards langoureux, cette fêlure qu’on chérit, celle que l’on rejoint le soir loin des yeux approbateurs, celle qui nous force à affronter ses yeux inquisiteurs. 

« il n’était pas du tout sûr de bien agir mais il était sûr d’agir comme il le voulait ».

Lassée de cette routine au goût amère, avide de sensations, mon corps et mon esprit sont en fervente ébullition, et un torrent de frémissement m’envahit. Une ivresse aveugle. Repartir à zéro me procure une si grande satisfaction, aller à la recherche de l’inconnu et m’y jeter à corps perdu sont des choses dont j’ai en ce moment besoin. A l’aube de mes 26 ans, je ressentais ce besoin subséquent de m’exprimer. De laisser libre court à mes sentiments, mes envies, et mes projets.

Ce qui m’a conforté dans cette idée est un livre, celui de Milan Kundera, il s’intitule : l’insoutenable légèreté de l’être. Pourquoi donc ? Et bien Kundera invoque la question de Parménide concernant l’être, le non-être, la pesanteur, la légèreté et se demande s’il faut choisir la légèreté ou la pesanteur.

L’auteur met en exergue la dualité entre la légèreté et la pesanteur tout en faisant subtilement référence à la délicate tâche qui consiste à évaluer la valeur positive ou négative de ce contraste. Parménide semblait avoir trouvé la réponse ; en effet, il affirme que le léger est positif et le lourd est négatif.  Il mentionne la légèreté recherchée à la suite d’une rupture, mais cette légèreté s’est finalement avérée insupportable et s’est transformée en une accablante apesanteur.  Puis il aborde une décision qu’un personnage devait prendre, et ce dernier fini par faire l’exacte opposer. L’auteur dit : « il n’était pas du tout sûr de bien agir mais il était sûr d’agir comme il le voulait ». Dans cette partie l’auteur fait allusion à la valeur positive de la légèreté. Finalement la légèreté n’est pas toujours positive. Effectivement, dans le premier cas de figure elle ne l’est pas, en revanche dans le deuxième elle l’est. Concernant l’être est le non-être, ce dernier proclamait que pour que l’être SOIT, la pensée doit suivre les règles de la logique. Ensuite, Kundera écrit ceci : « il était dans l’espace magique de Parménide : il savourait la douce légèreté de l’être”. Cette phrase et la question concernant l’être et le non-être avait fini par m’obséder, j’avais l’impression que je n’étais pas car je ne suivais pas les règles de ma logique et que la légèreté était un bien grand mot dont j’ignorais la sensation. Je savais ce qu’il me restait à faire, je savais que ce dont je voulais n’était peut-être pas la meilleure des choses mais néanmoins, c’était ce que je VOULAIS. J’ai alors établi les règles de ma logique et les ai suivies. Je peux dire qu’aujourd’hui je savoure la douce légèreté de l’être car aujourd’hui je SUIS, et je suis légère !